Arthur est de retour !

Arthur F12 à Hagneck

Dans la région des Trois-Lacs, la saison 2023 a commencé en trombe le 25 mars, avec Arthur de retour à Hagneck presque deux semaines plus tôt qu’en 2022. Espérons qu’il trouvera une femelle cette année, suivant  l’exemple de Mouche (PR4) avec son partenaire AM06. Selon David Meyer et Dominique Lorentz, les deux étaient déjà de retour à leur nid en Moselle le 18 mars (le mâle étant revenu le 17), soit un peu plus tôt que l’an dernier.

Cette année, nous avons aussi construit deux nouveaux nids artificiels : un en février à la Grande Cariçaie au bord du lac de Neuchâtel, où Olympe (F28) avait formé un couple en 2022 avec une femelle non baguée; et un ce mois dans le Haut-Doubs, en remplacement du nid naturel construit par Flamme (ex-KF6), mais détruit par une tempête l’été dernier. Le même jour (le 25 mars) Cathy Poimboeuf a découvert un Balbuzard perché  dans les environs, mais trop loin pour voir s’il était bagué. Etait-ce Flamme, ou peut-être un autre oiseau en escale migratoire ? Grand merci aux grimpeurs Christian et Pascal Grand, Paul Ducry et Jean-Luc Holweger ainsi qu’à l’équipe au sol: Michel Beaud, Emile Curty, Denis Landenbergue, Dominique Michelat, Marie Pierre Nibbio, Didier Pépin, Cathy Poimboeuf, Christophe Sahli, Wendy Strahm et Vincent Tardy.

En attendant d’autres retours, n’hésitez pas à réserver déjà les dates des deux prochaines “Matinées Balbuzard”, fixées aux dimanches 4 juin et 25 juin. Ces observations simultanées aux sites de pêche aident vraiment beaucoup à savoir combien de Balbuzards passent l’été dans la région et où. Alors si vous êtes intéressé(e) et disponible, merci de nous le signaler ici.

 

Rapport sur la saison 2022

Observateurs pour Arthur à Hagneck

Le rapport sur la saison 2022 du projet Balbuzard a paru dans le fascicule de mars 2023 de la revue Nos Oiseaux. Jusqu’à présent, deux oiseaux réintroduits chaque année entre 2016 et 2020 ont été confirmés de retour : six mâles en Suisse et un mâle et trois femelles dans des pays voisins. Comme en 2021, Mouche s’est reproduite avec succès avec deux jeunes à l’envol en France (Moselle), tandis que Plume a niché en Allemagne (Bavière), mais échoué avant l’éclosion des œufs pour des raisons inconnues. Rafale, vu en 2021 en Allemagne, y est aussi retournée mais ne semble pas avoir niché.

Quatre mâles se sont cantonnés en Suisse : Taurus pour la quatrième année, Arthur pour la troisième (toujours très populaire, photo ci-dessus), ainsi qu’Olympe et Racine pour leur premier retour. L’oiseau mystère de 2021 dans le Haut-Doubs s’est avéré être Flamme, vivant du côté français de la frontière et observé pêchant en Suisse. Radar, relâché en 2019 et noté deux fois en 2021 (en Suisse et en Belgique), n’a pas été revu l’année dernière. Néanmoins, six individus différents ayant été repérés lors d’une de nos « Matinées Balbuzard », il se pourrait qu’il soit l’un des oiseaux dont nous n’avons pas pu voir s’il était bagué.

La femelle allemande baguée AB13 qui s’était appariée avec Taurus en 2022 n’est malheureusement pas revenue, mais une autre femelle (non baguée) a passé une partie de l’été au lac de Neuchâtel où elle a été vue paradant avec Olympe. Le rapport 2022 peut être téléchargé ici.

Départs directs… ou moins directs

Balbuzard Racine F29 au pêche

Bien que des Balbuzards provenant de latitudes plus élevées traversent encore la Suisse, les «nôtres» ont déjà migré vers des climats plus doux. Nous avions cru que le dernier à partir était Arthur (F12), vu le matin du 11 septembre à Hagneck (lac de Bienne), peu avant son grand départ.

Trois autres avaient déjà migré avant lui. Olympe (F28) a encore été photographié par Enzo Bertolo le 26 août à la réserve naturelle du Fanel (lac de Neuchâtel), où Taurus (PS7) a semble-t-il été vu pour la dernière fois le 3 septembre, en compagnie de Racine (F29). La dernière observation de Flamme (ex-KF6) date du 6 septembre dans le Haut-Doubs en France voisine, un jour après qu’il soit vu capturant un gros poisson au lac des Taillères, du côté suisse de la frontière.

Nous pensions que Racine avait migré le 4 septembre (après avoir été observé le matin au Fanel), mais quelle surprise quand Olaf Oczko et Klaus Becker l’ont repéré le 5 à Moos près de Radolfzell, du côté allemand du lac de Constance (à 165 km au nord-est)! Il a régulièrement été noté là-bas jusqu’au 16 septembre au moins, avant d’être signalé une dernière fois, à nouveau au Fanel, le 22 par Claudine Waespe. Récemment, nous avons appris que Racine avait été photographié par Jochen Büchler à Moos le 29 juillet, deux jours avant qu’il soit découvert de retour dans la région des Trois-Lacs. Un bon exemple des explorations qu’un oiseau de deux ans peut entreprendre, apparaissant parfois aux endroits les plus inattendus.

Une autre surprise a été le long séjour d’une femelle non baguée à la Grande Cariçaie (lac de Neuchâtel), où elle a passé une partie de l’été dans le même secteur qu’Olympe. Les deux oiseaux ont même été observés une fois en vol nuptial par Martin Zimmerli: un comportement précoce pour un mâle de deux ans, et un événement prometteur pour l’avenir.

Fièvre bâtisseuse à Hagneck

Arthur construit des nids à Hagneck, Lac de Bienne

De nombreux observateurs ont remarqué ce mois qu’Arthur (F12), notre mâle de quatre ans cantonné au bord du lac de Bienne à Hagneck, a montré une tendance croissante de « fièvre bâtisseuse ». Il fait ainsi étalage de sa maîtrise du vol acrobatique, plongeant dans les arbres pour y casser une branche morte et l’emporter vers un de ses nids, émettant parfois de typiques cris territoriaux.

C’est un comportement classique à cette époque de l’année pour un mâle célibataire de son âge. Même sans femelle dans les parages, Arthur s’active à préparer le moment où il en viendra une, afin qu’elle dispose de plusieurs nids à choix. En plus d’ajouter des branches sur la plateforme installée pour lui l’année dernière, il a commencé à construire non seulement une (déjà signalée en juillet) mais deux « résidences secondaires ». Comme elles se trouvent toutes deux sur des arbres morts, il reste à voir si elles résisteront aux forts vents d’automne et d’hiver. En tout cas une chose est sûre : Arthur est très motivé !

Il ne reste maintenant plus beaucoup de jours avant qu’Arthur et nos quatre autres mâles identifiés cette année se mettent en route vers le sud. Un compte à rebours stressant commencera alors, jusqu’à ce que tous reviennent, espérons-le, de leurs quartiers d’hivernage en Afrique de l’ouest.

Racine est de retour

Racine F29 jeune Balbuzard relâché en Suisse avec poisson

Bonne nouvelle reçue de Michel Beaud le dimanche 31 juillet : il venait de voir deux Balbuzards ensemble ! Pouvait-il s’agir d’un couple? A notre arrivée sur place les deux oiseaux étaient toujours là, mais ils ne semblaient pas de taille très différente. Les deux portaient une bague bleue à la patte droite, indiquant qu’ils étaient des «nôtres». Grâce à un piège photo, nous avons constaté que ce n’était pas un couple, mais que Racine (F29), un petit mâle relâché en 2020, venait juste de revenir. Il côtoyait le mâle de 5 ans Taurus (PS7), qui acceptait sa compagnie avec magnanimité, peut-être car il  considérait plutôt comme un jeune et non pas comme un concurrent, du moins pas encore.

Collecté dans un nid sur un pylône par Mario Firla le 30 juin 2020, Racine était le plus petit de nos oiseaux ramenés d’Allemagne cette année-là. Il n’avait pas pris beaucoup de poids en volière avant d’être relâché le 25 juillet, dans un premier groupe de quatre oiseaux dont faisait aussi partie Olympe (F28), revenu en Suisse ce printemps. Racine avait laissé les trois autres prendre leur envol, avant de décoller et d’aller aussitôt se poser sur les volières où du poisson frais venait d’être apporté. Il avait terminé le reste d’un poisson entamé par sa voisine de cage Méandre (F25, envolée plus tôt le même jour), avant de manger deux autres poissons entiers. Alourdi par son copieux repas, Racine n’avait plus volé de la journée. Contrairement à Olympe et Méandre, qui avaient quitté le «restaurant des Balbuzards» pour aller sur des arbres proches, il avait passé sa première nuit de liberté à dormir sur le toit d’une volière.

Le lendemain, nous avions attendu jusqu’aux premières lueurs de l’aube avant d’apporter, aussi discrètement que possible, le poisson frais du jour. Racine nous avait toutefois repéré et s’était envolé hors de vue, mais grâce au signal de l’émetteur radio fixé sur sa queue, nous savions qu’il n’était pas parti loin. Nous avions vite remarqué qu’il avait atterri entre un toit de volière et le sommet d’une cage : un endroit très inconfortable, où il n’était heureusement plus retourné ensuite.

Les semaines suivantes s’étaient déroulées sans histoires pour Racine jusqu’au 9 août, date à laquelle son émetteur avait soudainement cessé d’émettre. Dès lors ses mouvements avaient été plus compliqués à suivre, le seul moyen pour l’identifier étant de lire sa bague quand il venait se nourrir devant une caméra de surveillance. La photo ci-dessus le montre se servant d’un poisson le 31 juillet 2020, exactement deux ans avant qu’il ne soit revu dans la région. Le 3 septembre, quarante jours après son lâcher, nous avions eu une bonne surprise quand Arlette Berlie l’avait photographié dans la réserve naturelle du Fanel, à 8 km du lieu de lâcher. Racine était parti en migration quatre jours plus tard, le 7 septembre – dernière fois où nous l’avions vu jusqu’à son retour cet été.

Deux beaux jeunes

Deux jeunes Balbuzards de Mouche et AM06 en Moselle

Cette année Mouche (PR4) et son partenaire AM06 ont une nouvelle fois élevé deux beaux jeunes dans le département français de Moselle (photo ci-dessus). Selon Dominique Lorentz, le premier envol s’est produit un peu plus tôt cet été qu’en 2021, le 5 juillet, et les deux jeunes volaient déjà très bien le 12.

De son côté, Plume (F02) a eu moins de chance que l’an dernier dans le nord-est de la Bavière. La saison avait pourtant bien commencé pour elle d’après Daniel Schmidt, puisqu’elle avait commencé à couver le 17 avril une ponte d’au moins deux œufs. Son nid a toutefois été retrouvé abandonné (avec un œuf non éclos) le 14 juin, un échec dont la cause reste inconnue. En Bavière également, Rafale (F14), de retour pour la deuxième année consécutive, avait été photographiée le 7 avril sur une plateforme en compagnie d’un mâle non bagué, mais il semble qu’une autre femelle se soit finalement reproduite sur ce nid.

Quant aux quatre mâles de retour dont nous ayons pu localiser les territoires jusqu’à présent (Taurus PS7, Flamme ex-KF6, Arthur F12 et Olympe F28), chacun des trois premiers (âgés respectivement de 5, 5 et 4 ans) s’est activé à construire un nid. Taurus et Arthur ont apportés de nombreuses branches sur deux plateformes installées à leur intention, le second allant même jusqu’à se lancer dans la construction d’une «résidence secondaire» non loin de son nid «principal». Flamme, par contre, a choisi de bâtir son propre nid au sommet d’un grand épicéa mort qui s’est cassé plus tard lors d’une violente tempête, ce qui illustre bien l’utilité d’aménager des plateformes pour faciliter l’installation de l’espèce. Quant à Olympe, même s’il est encore très jeune (2 ans seulement), il montre déjà quelques comportements nuptiaux.

D’autres nouvelles suivront d’ici à fin août/début septembre, quand nos oiseaux partiront vers le sud. D’ici là, toute observation de l’espèce en Suisse ou le long du Doubs sera comme toujours bienvenue!

Journée faste côté Balbuzards

Deux participants de la Matinée Balbuzard Daniel Aubin et Marièle Zufferey dans le bateau Hydrokarst

Notre deuxième “matinée Balbuzard” de la saison, le 19 juin, a permis l’observation d’au moins six Balbuzards différents : un record du point de vue du nombre noté en un seul jour à cette période de l’année, tout comme de celui de la température (la plus haute jamais enregistrée en juin dans la région, avec par endroit jusqu’à 37°). Grand merci aux 48 volontaires qui ont surveillé 26 emplacements pour la bonne cause!

La journée a bien démarré, avec Arthur (F12) à Hagneck et Flamme (ex-KF6) le long du Doubs, se montrant à 5h30 et 6h40 respectivement, avant d’y stationner ensuite pour le reste de la matinée.

La troisième observation a été celle d’un mâle à bague bleue (très probablement Taurus PS7, bien que sa bague n’ait pas pu être lue), arrivé à 7h52 dans la réserve naturelle du Fanel. Il y est resté au moins jusqu’à 10h50, lorsque la forte chaleur a poussé les derniers observateurs à quitter les lieux au profit d’un rafraîchissement bien mérité. Excepté pour capturer d’un poisson, laver ses pattes une fois terminé son repas, et prendre un bain, il a passé son temps tranquillement perché sur un arbre mort. Un exemple typique de comment l’espèce peut passer des heures à ne presque rien faire, ce qui la rend souvent difficile à repérer.

Puis à 8h10, depuis Chevroux, un autre Balbuzard a été signalé volant furtivement sur la Grande Cariçaie en direction de Portalban: très probablement Olympe (F28), déjà observé la veille dans le même secteur. Il s’est montré remarquablement discret pour le grand jour, puisque d’autres observateurs à Gletterens, à Portalban et sur deux bateaux croisant au large n’ont pas réussi à le voir.

En plus de ces quatre mâles, quelques sympathiques surprises ont aussi été notées ailleurs. A 6h40, un Balbuzard a été signalé survolant le lac de Wohlen vers l’amont, mais sans qu’il soit possible de voir s’il était bagué. C’est la première mention de l’espèce en juin à cet endroit très favorable, à 16km à l’est de Bellechasse.

A 9h35, un probable Balbuzard a été vu (juste pour quelques secondes) survolant l’Aar près d’Altreu, à 33km au nord-est de Bellechasse. Un poste d’observation était pour la première fois occupé dans ce secteur non loin de Soleure, suite au signalement d’un Balbuzard là-bas dix jours plus tôt. Par ailleurs, un Balbuzard transportant un poisson a été signalé à 9h00 au petit lac d’Inkwilersee, à 16km à l’est d’Altreu (et à 46 de Bellechasse). S’agissait-il du même oiseau ou de deux individus différents?

Quoiqu’il en soit, cette deuxième matinée Balbuzard de 2022 a été un grand succès. Il reste encore maintenant à clarifier l’identité de certains oiseaux, et à préciser s’il s’agit d’individus cantonnés ou erratiques. Entretemps, toute observation de l’espèce dans la région (avec indication de l’heure, et si possible avec une photo) est toujours la bienvenue!

La table était mise

poissons Lac Morat pour Balbuzard pêcheur

Le dimanche 29 mai, pour notre première « matinée Balbuzard » de l’année, 57 participants se sont levés bien avant l’aube pour surveiller 29 lieux où un Balbuzard pourrait pêcher, comme par exemple Sugiez au lac de Morat (photo ci-dessus par Claudine Waespe).

Deux de nos “valeurs sûres” ont été observées : Arthur (F12) s’est lancé dans un spectaculaire vol nuptial au bord du lac de Bienne à Hagneck, alors que Flamme (ex-KF6) a fait de même le long du Doubs juste de l’autre côté de la frontière. Taurus (PS7) est en revanche demeuré insaisissable, démontrant une fois de plus à quel point l’espèce est capable d’échapper à la détection. Deux autres Balbuzards ont été vus dans la zone protégée de la Grande Cariçaie au lac de Neuchâtel. L’un d’eux était certainement Olympe (F28), son identité ayant été confirmée le lendemain grâce à des photos de Pascal Rapin. L’autre a été repéré presque au même moment à 6 km de là par Jean-Luc Holweger (depuis son voilier), mais trop loin pour voir s’il était bagué. Était-ce Taurus en excursion, ou peut-être un autre individu non encore identifié?

Ce total de quatre Balbuzards observés constitue un résultat très satisfaisant. D’autant plus qu’Olympe semble en train d’établir un territoire à la Grande Cariçaie, là-même où deux femelles non baguées ont longuement séjourné en mai (et où elle se trouvent peut-être encore).

Nous remercions vivement les participants pour leur enthousiasme et leur dévouement durant cette matinée plutôt fraîche pour la saison. Même si tous n’ont pas eu la chance de voir un Balbuzard, nous avons été enchantés par les sympathiques messages et par les compte rendus reçu de toutes les équipes.

Une deuxième matinée Balbuzard aura lieu le dimanche 19 juin. Quiconque ayant des jumelles (et idéalement aussi un télescope et/ou un téléobjectif photo) intéressé à y participer peut nous contacter ici. Il y aura sans doute encore des surprises à la clé!

Bienvenue Olympe !

Balbuzard Olympe F28 Réserve  naturelle Fanel Neuchâtel

Nous avons juste reçu la grande nouvelle qu’Olympe (F28), premier oiseau de retour de notre « volée 2020 », a été repéré ce matin dans la réserve naturelle du Fanel, au lac de Neuchâtel. Merci à Thomas Bachofner qui nous a envoyé cette superbe photo de lui.

Collecté dans un nid sur un pylône d’Allemagne orientale par Mario Firla le 30 juin 2020, Olympe pesait 1,490g  et nous n’étions pas tout de suite sûrs si c’était un mâle ou d’une femelle. Ce n’est qu’après avoir eu le résultat de son test ADN que nous avons eu la certitude qu’il s’agissait d’un mâle. Lâché le 25 juillet et parti en migration le 24 août, il avait été observé le lendemain dans le département français de la Lozère, après avoir parcouru 400 km en moins de 36 heures.  Son retour en Suisse à seulement 7km du lieu de son premier envol montre une fois de plus à quel point les mâles de balbuzard sont philopatriques. Sixième de nos mâles à revenir (à notre connaissance) depuis le début du projet de réintroduction en 2015, il fait honneur à non son nom en établissant un nouveau record. Puisse-t-il en réaliser bien d’autres !

Mystère élucidé

Balbuzard Flamme KF6 avec seulement bague en métal

Nous connaissons enfin l’identité de notre « mâle mystère » du côté français du Doubs, grâce à la persévérance et aux photos exceptionnelles de Didier Pépin (voir l’un d’elles ci-dessus).

Il s’agit de Flamme (anciennement connu aussi comme KF6), le code de sa bague métal ayant finalement pu être déchiffré ! Né en 2017 en Norvège , il avait été relâché en Suisse le 2 août et était parti en migration le 28. Depuis lors il avait été revu trois fois : une le 3 août 2019 par Solène Carboni et Christian Bulle (voir photo) dans le département français du Doubs, et deux en février et mars 2020 dans ses quartiers d’hiver en Gambie (alors qu’il n’avait pas encore perdu sa bague plastique bleue). Nous savons maintenant pour sûr que c’est un mâle, et il s’active actuellement à construire son propre nid… à quelques km des deux plateformes construites pour lui le mois dernier. Jusqu’à présent il n’a pas trouvé de femelle, mais il paraît déterminé et tous les espoirs sont permis.

Depuis sa « redécouverte » l’année dernière (avec seulement une bague métal) par Cathy Poimboeuf, Flamme a été suivi de près par une équipe super motivée et prête à garantir qu’il ne subisse aucun dérangement. Même si nous aurions aimé qu’il revienne en Suisse, nous sommes bien sûr enchantés de le savoir tout proche. Quoiqu’il en soit, Flamme apprécie clairement la gastronomie française !

L’histoire de Flamme nous incite à penser qu’un ou quelques autres de nos mâles pourraient discrètement vivre en certains lieux rarement visités, peut-être même à plusieurs dizaines de km du site de réintroduction. Les prochaines « matinées Balbuzard », agendées les 29 mai et 19 juin, permettront-elles de localiser de nouveaux territoires ? Toute personne (avec jumelles) disponible et intéressée à participer à l’une ou l’autre de ces dates est naturellement bienvenue de s’inscrire ici.

 

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