Premier couple formé

Balbuzard Taurus PS7Il semble que Taurus (PS7) et Arthur (F12) aient déjà migré vers le sud, bien que nous soyons toujours en train de vérifier. Mais la grande nouvelle c’est que Taurus, âgé de quatre ans, avait une partenaire cet été ! Nous ne l’avons pas annoncé plus tôt pour éviter tout risque de dérangement, mais ils ont été vu ensemble pendant au moins cinq semaines, durant lesquelles ils étaient inséparables. Qui plus est la femelle portait une bague (AB13), indiquant qu’elle était née en Allemagne orientale en 2014. L’été est souvent une période favorable pour la formation de couples de Balbuzards, comme ce fut le cas par exemple en Moselle avec Mouche il y a deux ans. Nous ignorons quand exactement AB13 est arrivée dans la régions des Trois-Lacs et quand elle a rencontré Taurus pour la première fois, mais nous savons qu’elle est partie en migration avant lui, ce qui est normal pour cette espèce. Cette première formation connue d’un couple de Balbuzards en Suisse depuis plus d’un siècle est prometteuse, car une fois formés les couples ont tendance à demeurer unis année après année. Espérons donc que leur migration et leur hivernage se passeront bien, et qu’ils reviendront tous les deux sains et saufs en Suisse au printemps prochain ! 

Cinq envolés

Balbuzard Mouche nourrit son jeuneLes deux jeunes de Mouche (PR4) et de son partenaire AM06 ont bien pris leur essor vers mi-juillet en Moselle (photo ci-dessus, par digiscopie). David Meyer, qui a régulièrement gardé un œil sur eux, a vu le premier volant le 15, puis le second le 18. Lors d’une récente visite sur place, nous avons été ravis de les voir prendre chaque jour plus d’assurance, l’aîné faisant même son premier essai de plongée sur un étang (mais en émergeant « les serres vides ») le 29 juillet.

Ces jeunes sont les premiers connus d’une femelle relâchée en Suisse à prendre leur envol, et même si l’événement s’est produit en France, il représente une nouvelle étape importante du projet de « Nos Oiseaux ». Il a  précédé d’environ deux semaines l’envol des trois jeunes de Plume (F02) dans le nord-est de la Bavière. La dernière fois qu’ils ont été immortalisés ensemble au nid grâce à un piège-photo, c’était le 26 juillet (photo ci-dessous). Malgré la météo exécrable, ce total de cinq jeunes envolés est un beau résultat!

Trois jeunes Balbuzards de Plume en Allemagne sur le nid

Premier rendez-vous?

Balbuzard allemand BT24 avec Arthur F12 à Hagneck, Suisse

Arthur (F12) a été vu à Hagneck en compagnie d’une femelle baguée! Le 18 juillet, Benjamin Gygax l’a observé portant un poisson, suivi par un deuxième Balbuzard clairement identifiable comme femelle. Il a pris la photo ci-dessus et a réussi à lire la bague noire à sa patte gauche: BT24. Grâce au fantastique programme de baguage coordonné par Daniel Schmidt en Allemagne, nous avons appris que BT24 avait été bagué le 29 juin 2020 par Henry Lange dans un nid sur un pylône de la province de Brandebourg. Le retour en Europe d’un Balbuzard après son premier hivernage étant assez exceptionnel, cela indique peut-être que BT24 n’a pas migré jusqu’en Afrique l’automne dernier, mais qu’elle aurait plutôt hiverné dans la région méditerranéenne. Espérons qu’elle sera revue plus tard cet été, ou même qu’elle revienne l’année prochaine en Suisse. Lors de la troisième Matinée Balbuzard, Arthur avait déjà été vu volant brièvement avec un autre Balbuzard entre Hagneck et Lüscherz, mais les oiseaux étaient trop loin pour voir si le deuxième était un mâle ou une femelle, et s’il était bagué.

Le Balbuzard Arthur F12 avec une grande branche à Hagneck, SuisseLe 27 juin nous avons admiré pour la première fois Arthur « plongeant » dans les cimes desséchées d’arbres pour y briser des branches mortes, puis le 17 juillet il en avait cassé et emporté une particulièrement grande au-dessus de la plate-forme de nidification (photo). Cependant, après l’avoir transportée en vol pendant un certain temps, il l’avait finalement laissée tomber, signe qu’il a encore besoin d’un peu d’entraînement – et aussi d’une femelle pour lui donner un coup de main!

Par ailleurs le 18 juillet, nous avons enfin réussi à lire la bague d’une autre femelle d’origine allemande, AB13, dans un secteur où nous soupçonnons qu’elle a passé une partie au moins de l’été. Déchiffrer sa bague noire était très difficile, du fait qu’elle avait beaucoup pâli au point de prendre un aspect grisâtre.  La raison pour laquelle cet oiseau – bagué en 2014 par Dieter Roepke sur un pylône dans le Mecklembourg – se trouve en Suisse à cette période de l’année reste à élucider.

 

Trois premiers bagués

Plume (relâchée en Suisse en 2018, et revenue pour la première fois en Allemagne en 2020) a trois poussins (voir photo) !  Cette semaine, Daniel Schmidt les a bagués dans le nord-est de la Bavière, à environ 450 km de Bellechasse. II n’était pas clair initialement quelle femelle était sur le nid, vu qu’au début de la saison il y avait un ménage à trois, le mâle (BE63, né à 30 km de là en 2017) étant alors en même temps avec une femelle non baguée. Si plus tard Plume semblait avoir eu le dessus, la présence de jeunes n’a cependant été confirmée que très récemment. Tous les trois se portent bien, même si comme c’est souvent le cas, l’un d’eux est beaucoup plus petit que les autres.

En Moselle, David Meyer nous signale que les deux poussins de Mouche sont maintenant visibles au bord de l’aire et qu’elle se tient encore souvent à leurs côtés. Ils arborent l’aspect typique de Balbuzard avec leur bandeau noir sur les yeux, et ils déploient aussi fréquemment leurs ailes. Le nid étant au sommet d’un arbre mort, il n’est malheureusement pas possible d’y grimper pour les baguer.

Avoir au moins deux de « nos » femelles nichant cette année en France et en Allemagne est une nouvelle étape importante pour le projet. La prochaine devrait être de trouver un couple cantonné en Suisse, mais pour cela il va falloir attendre encore un peu.

 

Troisième Matinée Balbuzard

Niels Friedrich team Osprey watching at Hagneck

Notre troisième matinée Balbuzard a fourni plusieurs données très intéressantes. Après les deux précédentes (du 9 mai et du 30 mai), 41 volontaires ont occupé le 20 juin 23 postes d’observation entre 5h30 et 10h00. Des Balbuzards ont été vus à quatre endroits différents dans la région des Trois Lacs. Grâce aux observations simultanées, nous avons la certitude qu’au moins trois Balbuzards différents se trouvaient dans la région, voire peut-être quatre ou même cinq. L’un d’eux pourrait-il être Radar, observé une fois en Belgique ce printemps? Ou un autre oiseau de retour de la volée 2019 ?

Le matin a bien commencé, avec un Balbuzard à la réserve naturelle de Häftli, le long de l’Aar en aval de Bienne. Au même moment Taurus PS7 était près de Bellechasse et Arthur F12 au delta de Hagneck (photo) où, après avoir mangé un poisson, il a fait une brève parade nuptiale (volant et criant haut dans le ciel avec ses jambes pendantes) avant d’être perdu de vue. Quelques minutes plus tard, deux Balbuzards ont été notés volant entre Hagneck et Lüscherz. Bien que trop loin pour voir s’ils étaient bagués, il s’agissait probablement d’Arthur avec un autre individu, peut-être l’oiseau signalé plus tôt à Häftli. Arthur a été revu seul environ une heure plus tard à Hagneck, capturant son deuxième poisson de la journée. Quinze minutes après l’observation de deux Balbuzards ensemble, un a été signalé volant vers l’amont sur l’Aar à Niederried. Était-ce l’un des deux vus plus tôt depuis Lüscherz? Ou alors Taurus (bien qu’il n’ait jamais été noté à Niederried auparavant)? Ou même un autre oiseau ? Sans voir s’il était bagué, impossible de le dire.

Trois sites ont également été surveillés le long du Doubs. Aucun Balbuzard n’y a été remarqué, bien qu’un ait été vu le 17 juin sur le cours français de cette rivière – à moins de 50 km de Bellechasse : plutôt insolite à cette période de l’année.

Dans l’ensemble, malgré le ciel couvert et quelques averses locales, notre troisième Matinée Balbuzard a surpassé nos attentes. Un grand merci encore aux volontaires qui se sont levés très tôt pour cette opération très réussie !

 

Deux petites têtes

Paysage Moselle habitat Balbuzard

Excellente nouvelle en Moselle (France, voir photo) : Mouche PR4, née en Allemagne orientale et translocalisée en Suisse en 2016, est devenue mère pour la deuxième fois ! Depuis le 24 mai, David Meyer, qui assure le suivi du couple, a vu le mâle AM06 amener des poissons au nid et Mouche les dépecer soigneusement en petits morceaux pour nourrir au moins un poussin. Puis, le 4 juin il a remarqué pour la première fois une petite tête par dessus le bord du nid, et le 6 juin il a réussi à en voir deux. Le nid est assez profond et haut sur un arbre mort, donc depuis le sol à une distance de plusieurs centaines de mètres, il est difficile d’en savoir plus avant que les poussins ne deviennent plus grands.

L’année dernière, nous avions eu beaucoup d’espoir pour ce couple quand il avait été vu nourrissant au moins un poussin le 30 mai, avant la nouvelle tombée le 17 juin qu’après plusieurs jours de météo froide et pluvieuse, leur première nidification avait échoué. Le couple avait quand-même passé le reste de l’été dans la région, et les deux adultes y sont heureusement revenus cette année. Les parents prennent clairement leurs responsabilités très au sérieux, et nous espérons que cette année ils parviendront à élever leurs jeunes jusqu’à l’envol.

 

Deuxième Matinée Balbuzard

La Goule, Doubs, Jura Suisse

La deuxième matinée Balbuzard s’est tenue le 30 mai, avec le même but que la première : surveiller simultanément de nombreux sites potentiels de pêche pour tenter de repérer où ces oiseaux prennent leur premier repas de la journée. 57 volontaires se sont levés encore plus tôt que la dernière fois pour prospecter 31 sites à la recherche du Balbuzard entre 5h30 et 10h00. Merci encore à toutes celles et ceux qui ont occupés un des points d’observation répartis dans la région des Trois-Lacs, le long de l’Aar et du Doubs (photo), ou au lac de Schiffenen.

L’aube ensoleillée tenait presque du miracle après les pluies quasi- continues qui avaient suivi notre première matinée Balbuzard. Une chance néanmoins tempérée par la forte bise, vent du nord qui a rendu l’observation et les conditions de pêche plus difficiles en particulier sur les grands lacs. Deux Balbuzards ont finalement été observés. Le premier,Arthur, s’est donné en spectacle à Hagneck avant de partir vers Lobsigen (à presque 10 km de là) où il a attrapé deux poissons. Le deuxième a été vu depuis le Fanel, très au large et sans possibilité de voir s’il était bagué, mais il s’agissait peut-être bien de Taurus.

Aucun n’a été vu aux lacs de Morat et de Schiffenen, ni sur l’Aar et sur le Doubs, mais leur recherche sur d’aussi grandes superficies est certes un peu comparable à celle d’une aiguille dans une botte de foin.

Une troisième « matinée Balbuzard » aura lieu le dimanche 20 juin, à une moment très favorable pour espérer voir un oiseau relâché par le projet (comme Radar ou d’autres mâles de retour), ou une femelle subadulte provenant d’ailleurs. Toute personne pas encore inscrite et intéressée à y participer est la bienvenue de nous contacter ici.

Radar chez les Belges

Radar un Balbuzard attaqué par un Vanneau

Radar (F16), né en Allemagne et translocalisé à Bellechasse en 2019, vient d’être signalé de retour en Europe par Niels et Jacoba Ryckeboer le 14 mai, près de Louvain en Belgique (à 470 km au nord de son site de lâcher).

Notre première réaction à cette bonne nouvelle a été de penser que ce mâle, nommé d’après le dessin en forme de radar sur sa tête, ne faisait pas vraiment honneur à son nom ! Le temps dira s’il est juste en tournée d’exploration avant de revenir « à la maison », où s’il pourrait éventuellement se joindre à la population nicheuse de Balbuzards la plus proche d’où il a été vu (Parc National de Biesbosch aux Pays-Bas, où trois couples se sont reproduits l’an dernier).

Une phase d’exploration est chose courante pour un oiseau de son âge. Par exemple, Fusée (PR9, né en 2016) avait été vu de retour dans le nord-est de la Suisse – à 140 km de Bellechasse – le 10 mai 2018, avant de gagner la région des Trois-Lacs le 28 juillet. De même pour Taurus (PS7, né en 2017), repéré le 22 mai 2019 en France près de Dôle – à 120 km de Bellechasse – avant d’arriver dans sa zone de réintroduction le 29 juin. Nous garderons bien sûr un œil attentif pour Radar, en espérant le voir bientôt de retour chez les Helvètes.

Entretemps nous sommes reconnaissants à Niels et Jacoba Ryckeboer d’avoir repéré notre quatrième mâle confirmé de retour (un pour chacune des années 2016 à 2019), et de nous avoir annoncé que malgré son harcèlement par un Vanneau huppé (photo ci-dessus), Radar se porte bien.

Première Matinée Balbuzard

l'aube sur Lac de Bienne

Alors qu’Arthur (F12) et Taurus (PS7) sont régulièrement vus dans la région des Trois-Lacs, repérer d’autres oiseaux de retour est un sérieux défi. Avec la migration printanière touchant bientôt à sa fin, les chances augmentent qu’un Balbuzard vu en Suisse entre mai et juillet soit un des « nôtres », ou peut-être une femelle erratique non nicheuse provenant d’ailleurs. Trois « matinées Balbuzards » sont organisées pour tenter de localiser de tels oiseaux, qui peuvent être très discrets. Les rechercher au moment de leur « petit déjeuner » peut accroître la probabilité d’en repérer un.

La première matinée Balbuzard a eu lieu le 9 mai, journée magnifique avec soleil et chaleur entre deux séries froides et pluvieuses. 48 volontaires se sont levés avant l’aube pour rechercher l’espèce entre 6h00 et 10h00 dans 29 sites, principalement dans la région des Trois-Lacs, mais aussi le long de l’Aar et du Doubs. Grand merci à toutes et tous pour leur engagement et leur enthousiasme !

Trois Balbuzards ont été vus lors de cette première matinée du genre : un au lac de Neuchâtel (au Fanel, vraisemblablement Taurus), et deux au lac de Bienne (Arthur à Hagneck, et un oiseau différent à l’île St-Pierre – migrateur de passage ou individu de retour). Trois autres observations ont été faites plus tard dans la journée: deux d’un oiseau à bague bleue dans le Seeland (très probablement Taurus), et une près de Goumois sur le Doubs, à quelques km d’où Martial Farine avait noté un mâle à bague bleue  le 19 avril 2020 .

Les prochaines “matinées Balbuzard” auront lieu les 30 mai et 20 juin. Pour toute personne non encore inscrite souhaitant prendre part à ces mémorables expériences, n’hésitez pas à nous contacter ici.

Ladies first

Plume F02 pêchant une Tanche Tinca tinca

Bonnes nouvelles de nos deux femelles : Mouche (PR4), née en 2016, niche pour la deuxième année consécutive avec AM06 en France (Moselle). Si tout va bien, la première éclosion devrait avoir lieu autour du 20 mai. Plume (F02), née en 2018, est retournée en Allemagne (nord-est de la Bavière), sur une plateforme de nid située à environ 50 km d’où elle avait été photographiée l’été dernier. Elle s’y trouve avec un mâle bagué de quatre ans (BE63) qui, d’après Daniel Schmidt, avait formé l’an dernier un « couple instable » avec une femelle non baguée – mais sans nicher. Ce printemps une sorte de « ménage à trois » s’est constitué, au sein duquel Plume semble avoir pris l’avantage. Apparemment une femelle couve maintenant sur ce nid, sans qu’on sache encore pour sûr de laquelle il s’agit. En attendant d’en savoir plus, voir ci-dessus une magnifique photo de Plume capturant une tanche (Tinca tinca), prise par Markus Nilles et Kakuko Hirose le 9 avril.

Pour ce qui est de nos deux mâles revenus dans la région suisse des Trois-Lacs, Arthur (F12) gratifie  ses fans de nombreux vols acrobatiques à Hagneck, d’autant plus depuis qu’un couple de Goélands leucophées a décidé de squatter la plateforme construite pour lui le mois dernier. Agé de juste trois ans et encore solitaire, Arthur n’a pas réussi à les évincer malgré tous ses efforts. De son côté, Taurus (PS7), âgé maintenant de quatre ans, s’est activé à recharger deux plateformes avec des mottes d’herbes sèches et quelques branches. Vu qu’il n’a pas encore eu la chance de rencontrer une femelle de passage, il devra persévérer et patienter encore (tout comme nous d’ailleurs !). A Urdaibaï en Espagne, où une réintroduction s’est déroulée de 2013 à 2017, un mâle né en 2013 (baptisé Roy) a attendu huit ans avant de se reproduire pour la première fois cette année. Il s’est apparié avec une femelle de trois ans relâchée en 2018 au Marais d’Orx en France, à un peu plus d’une centaine de km de là : une bonne illustration de l’utilité d’avoir deux projets de réintroduction réalisés (simultanément ou l’un après l’autre) à relativement faible distance l’un de l’autre. Cette première nidification à Urdaibaï peut être suivie par webcam ici.

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