Quatre sur quatre

Balbuzard Arthur F12 à Hagneck, Suisse

Alors qu’en Moselle Mouche (PR4) et AM06 s’activent à recharger des branches sur leur nid (et commencent à s’accoupler avant même le lever du soleil, selon les observations faites par David Meyer), nous sommes heureux d’annoncer que nos deux mâles revenus en Suisse l’année dernière (Taurus PS7 et Arthur F12) sont à nouveau de retour. Bravo à Attilio Rossi et John Spillmann d’avoir été les premiers à repérer Taurus (sans lire sa bague, mais c’était bien lui) le 2 avril, et à Michel Cattin, un des nombreux fans d’Arthur, d’avoir découvert son retour à Hagneck le 7 avril.

En outre Plume (F02), qui avait été signalée dans le nord-est de la Bavière l’année dernière, vient d’avoir son portrait tiré par un piège-photo le 5 avril sur une plateforme de nid dans la même région. Merci à Matthias Gibhardt et Daniel Schmidt de garder un œil si aiguisé sur ses mouvements.

Nous aurions certes aimé que certaines de nos femelles reviennent en Suisse, même s’il est normal qu’elles tendent plutôt à intégrer d’autres populations, contribuant ainsi à la diversité du pool de gènes. On ne peut qu’espérer qu’une femelle provenant d’ailleurs vienne tôt ou tard rendre la politesse ici !

 

Retour de Mouche en Moselle

Mouche PS4 un Balbuzard en Moselle

Excellentes nouvelles de France par David Meyer, qui a vu deux Balbuzards à leur nid le samedi 27 mars en Moselle. Après un long et patient monitoring, il a pu lire leurs bagues et confirmer le 29 que Mouche (PR4) et son partenaire étaient bien de retour. Pour mémoire, Mouche est née en Allemagne en 2016 puis a été translocalisée et relâchée à Bellechasse, avant d’être revue une fois en 2018 dans l’est de la France. Elle est retournée en 2019 en Moselle où elle s’est appariée avec un mâle bagué AM06, les deux oiseaux construisant même un nid tardif durant l’été.  Le couple est revenu en 2020 et s’est reproduit pour la première fois, produisant au moins un jeune qui n’a malheureusement pas survécu. Pourvu qu’ils aient plus de succès cette année !

Nous espérons par ailleurs avoir bientôt des nouvelles d’Arthur (F12), de Taurus (PS7) ou de tout autre oiseau territorial en Suisse. Un nombre plus grand que d’habitude de Balbuzards a déjà été vu dans la région des Trois-Lacs depuis le début du printemps, peut-être du fait d’une pression d’observation accrue en période le Covid-19, de la remarquable douceur du climat depuis une semaine, d’un passage de migrateurs plus marqué que de coutume, ou d’une combinaison de ces facteurs. Le suspense augmente de voir bientôt un oiseau de retour avec bague bleue à la patte droite … .

Rapport sur la saison 2020

Trois Balbuzards Albi, Silex et Rugby

Un rapport sur la saison 2020 du Projet Balbuzard (“Projet Balbuzard Pandion haliaetus: retours et lâchers en Suisse 2020”)  a paru dans le fascicule de mars 2021 de la revue Nos Oiseaux. Ce rapport résume la première reproduction de Mouche dans le département français de Moselle, où elle a eu au moins un poussin qui n’a malheureusement pas survécu. Deux mâles (Taurus pour la deuxième fois, et Arthur pour la première) sont revenus en Suisse, où Fusée n’a en revanche pas été revu. En outre deux femelles ont été photographiées : Flamme (née en 2017) dans son lieu d’hivernage en Gambie (alors que nous ignorons où elle retourne en Europe), et Plume (née en 2018) sur quatre plates-formes de nidification différentes dans le nord-est de la Bavière, en Allemagne. Douze jeunes supplémentaires d’Allemagne et de Norvège ont par ailleurs été translocalisés en Suisse d’où ils sont partis en migration avec succès entre les 15 août et 17 septembre. Au moins cinq d’entre eux ont rendu visite plusieurs fois à un mâle non bagué qui a fait escale durant trois semaines dans la région l’été dernier. L’article peut être téléchargé ici.

Cette année 2021 sera focalisée sur la recherche d’éventuels territoires occupés en Suisse. Cela inclura l’organisation de trois « matinées Balbuzard », pendant lesquelles des observateurs volontaires surveilleront simultanément les zones de pêche les plus favorables pour l’espèce dans la région des Trois-Lacs (et peut-être aussi le long du Doubs et de l’Aar). Cette surveillance aura lieu de l’aube jusqu’à 10 heures, les dimanches 9 mai, 30 mai et 20 juin. Si vous êtes intéressé(e) et disponible pour participer à au moins deux (ou encore mieux aux trois) de ces dates, merci de bien vouloir nous contacter en indiquant vos jours de disponibilité et vos préférences comme sites d’observation. Toutes les personnes inscrites seront contactées dix jours avant chaque date pour l’attribution d’un point d’observation, à définir en fonction du nombre de volontaires inscrits. Grand merci par avance pour votre participation !

Chambre avec vue

Nid Balbuzard à Hageck

En préparation de la saison Balbuzard 2021, nous venons de construire une nouvelle plateforme de nidification dans un lieu très spécial : la réserve naturelle du delta de l’Aar à Hagneck, au bord du lac de Bienne. Ce site est particulièrement stratégique puisque l’année dernière Arthur (né en 2018 et bagué F12) y a passé une grande partie de l’été. Nous espérons qu’il reviendra de sa migration (longue probablement de 8-9.000 km aller-retour) et qu’il trouvera à son goût la vue magnifique depuis ce nid.

Cette plateforme est la 22ème mise en place par le Projet Balbuzard de Nos Oiseaux, cette fois avec le généreux soutien du CEPOB (Centre d’Etude et de Protection des Oiseaux, Bienne et environs), qui a parrainé sa construction pour l’occasion de son 40ème anniversaire. Installée avec toutes les autorisations nécessaires, cette « chambre avec vue » n’aurait pas pu être réalisée sans le superbe travail des grimpeurs Christian Grand et Yann Marbach, ainsi que l’appui au sol d’Emile Curty et de plusieurs autres bénévoles. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour qu’Arthur revienne ce printemps ! Pour quelques photos de l’équipe en pleine action, voir ici

L’équipe 2020

Nous avons eu une autre bonne saison en 2020, avec l’envol et le départ en migration de l’ensemble des 12 jeunes lâchés, sans oublier deux autres, Taurus PS7 (de 2017) et Arthur F12 (de 2018), qui sont revenus en Suisse. Un tel succès a été rendu possible grâce au travail de nombreuses personnes, cette année comme les précédentes. Grand merci en particulier aux bénévoles qui ont passé au moins deux semaines de leur précieux temps à aider sur le terrain à Bellechasse : Océane Cordoliani, Christophe Chaigne, Niels Friedrich, Martine Guex-Meier, Alba Hendier, Sven Henrioux, Johnny Kursner, Florian Meier, Catherine Robert, Jean-Luc Simon and Marièle Zufferey. Ils ont tous travaillé avec enthousiasme avec les techniciennes Balbuzard Cyrielle Boudon et Marine Brunel, le bénévole de longue date Denis Landenbergue et la coordinatrice du projet Wendy Strahm. Sans oublier Adrian Aebischer, Michel Beaud, Emile Curty, Pascal Rapin, Christine Rast, Pascal Schöpfer et bien d’autres collègues et sympathisants qui ont contribué au projet d’une manière ou d’une autre en 2020 (tous mentionnés dans notre rapport à paraître en mars 2021 dans la revue Nos Oiseaux). Nos chaleureux remerciements à toutes et tous !

Au revoir Amphore

Migration Balbuzard Amphore 17 septembre 2020

Le lauréat du concours du « dernier à partir » cette année a été Amphore (F30), une jeune femelle originaire d’Allemagne, baptisée d’après la forme du dessin sur sa tête. Après des journées passées à l’observer longuement couchée et se déplaçant seulement pour manger, nous avons réalisé que (très à propos) « Amphore » était l’anagramme d’ « amorphe » ! Toutefois ce qui pouvait ressembler à une certaine « paresse » venait juste du fait qu’elle était le plus jeune des oiseaux allemands. Elle s’est d’ailleurs rapidement montrée plus active à mesure qu’elle devenait une grande et belle femelle (voir photo prise la veille de son départ). Le 17 septembre, par une météo ensoleillée avec forte bise, elle a filé haut et loin en direction du lac de Neuchâtel, marquant ainsi la fin de notre saison 2020.

Les premiers à migrer avaient été Zeppelin (F26) le 15 août et Olympe (F28) le 25. Six de plus sont ensuite partis dans les quatre premiers jours de Septembre :  Méandre (F25), Volcan (F31), Tonnerre (F32), Jedi (F35), Tulipe (F36) et Gustave (F27), suivis de peu le 7 par Racine (F29). Les trois derniers,  qui semblaient très liés et pas pressés de partir, donnaient plutôt l’impression de vouloir profiter de l’été indien à Bellechasse. Les deux plus jeunes norvégiens, Rugby (F33) et Silex (F34), ont finalement migré respectivement les 15 et 16 septembre, imités le jour d’après par Amphore.

Pour ce qui est des deux mâles au retour confirmé cette année, Arthur (F12, né en 2018) est parti le 1er septembre et Taurus (PS7, né en 2017) le 4. Par ailleurs David Meyer, qui avait découvert Mouche (PR4, née en 2016) en Moselle et suivi sa première tentative de nidification, nous signale qu’elle et son partenaire y ont passé l’été et ont été observés pour la dernière fois ensemble le 1er septembre.

Bilan positif donc pour cette saison, même si malgré tous nos efforts, nous n’avons cette année encore pas réussi à relâcher beaucoup plus de mâles que de femelles. La raison pour laquelle nous espérons réintroduire une proportion plus grande de mâles vient du fait que, plus philopatriques, ils reviennent traditionnellement dans la région de leur premier envol, ce qui est beaucoup moins fréquent pour les femelles. Sous réserve des résultats de l’analyse ADN attendus dans le courant de l’automne, il semblerait que cette année nous ayons relâché sept mâles et cinq femelles.

Alors que la saison tire à sa fin, un tout grand merci une fois encore à l’équipe du projet Balbuzard pour son engagement et son enthousiasme à prendre soin des oiseaux et à garantir leur départ en toute sécurité vers des horizons inconnus.

Deux sur deux

Zeppelin F26 et Olympe F28 Balbuzards

Alors que jusqu’à présent deux des 12 jeunes Balbuzards réintroduits cette année en Suisse ont entrepris leur migration, nous venons de recevoir d’excellentes nouvelles : ils ont tous les deux été repérés en escale en France! Une fois seulement auparavant, un de nos oiseaux avait été identifié en Europe durant sa migration d’automne : Georges (F03), vu en Espagne en septembre 2018.

Cet été Zeppelin (F26) a été notre premier jeune à partir le 15 août, une semaine avant le départ le plus précoce précédemment enregistré par le projet (celui de Tache (PS6) le 22 août 2017).  Nous sommes heureux d’apprendre qu’il a été vu en train de pêcher le 27 août, en compagnie de trois autres Balbuzards, par Jean-Louis Pujol à l’Etang de Vaccarès en Camargue – à tout juste 3 km de chez Luc Hoffmann (grand fan du Balbuzard et supporter de sa réintroduction) à la Tour du Valat.

Olympe (F28), qui a quant à lui commencé sa migration le matin du 24 août vers 9h30, a été photographié par Philippe Thouvenot au Marais d’Usanges, dans le département de la Lozère, le 25 août à 19h00, ayant parcouru une distance de 400 km en moins d’un jour et demi. Merci à Paul Lesclaux (gestionnaire de la réintroduction en cours du Balbuzard au Marais d’Orx, dans le sud-ouest de la France), d’avoir attiré notre attention sur cette précieuse observation.

Les deux oiseaux avaient été translocalisés d’Allemagne orientale le 30 juin et relâchés en Suisse le 25 juillet, équipés d’un minuscule émetteur radio dont l’antenne est bien visible sur les photos. Nos meilleurs voeux à tous les deux pour la continuation de leur premier voyage vers l’Afrique tropicale!

Arthur, star de l’été 2020

Le Balbuzard Arthur à Hagneck, Lac de Bienne

Arthur (F12), Balbuzard mâle âgé de deux ans revenu pour la première fois en Suisse cette année, est sans le moindre doute l’une des stars ornithologiques de cette saison. Il a été vu ou photographié à Hagneck, au bord du lac de Bienne, presque chaque jour depuis début juillet!

Quant à Taurus (PS7), mâle âgé de trois ans et de retour pour la deuxième fois cette année, il a été vu dans la région des Trois-Lacs entre les 9 avril et 27 mai, et de nouveau (après une étonnante absence de signalement pendant presque deux mois) à partir du 22 juillet, date depuis laquelle il a été observé quotidiennement.

Concernant Fusée (PR9), premier de nos mâles à être revenu en 2018 puis encore en 2019, aucune nouvelle de lui n’a jusqu’à présent été obtenue cette année. La météo exceptionnellement mauvaise qui a causé la disparition de nombreux Balbuzards pendant la dernière migration printanière nous font craindre qu’il n’ait peut-être pas survécu, sauf s’il a réussi à passer l’été incognito dans un endroit isolé ou rarement visité.

Les 12 jeunes translocalisés cette année depuis l’Allemagne et la Norvège ont tous bien pris leur envol. La plupart ont commencé à explorer leur région d’adoption, visitant des lieux tels que le lac de Morat, la réserve naturelle du Fanel au lac de Neuchâtel, la retenue du barrage de Niederried le long de l’Aar ou encore la réserve naturelle de l’Auried près de Kleinbösingen. Le plus avancé des douze, Zeppelin (F26), est déjà parti en migration, et d’autres départs sont attendus d’un jour à l’autre.

Nous remercions toutes les personnes qui nous ont déjà transmis des observations ou des photos. C’est aussi l’occasion de rappeler que pour tout Balbuzard vu en Suisse (qu’une bague soit remarquée ou pas), l’indication de l’heure d’observation constitue toujours une grande valeur ajoutée.

Une femelle de plus!

Plume F02 en Bavière

Nous avons reçu des bonnes nouvelles de Plume (F02), femelle née en 2018 dans la province allemande de Saxe-Anhalt et translocalisée en Suisse, où elle avait été relâchée le 23 juillet avant de partir en migration le 2 septembre. Elle a été récemment immortalisée grâce à un piège-photo, le 7 juillet, sur une plateforme de nidification construite par Daniel Schmidt au nord-est de la Bavière. Des photos transmises par le forestier Matthias Gibhardt sont les premières preuves de son retour en Europe.

Plume n’est toutefois pas revenue dans la région de son premier envol, mais a rejoint une population nicheuse ailleurs, ce qui est assez typique pour les femelles de cette espèce. Avant elle, Mouche (PR4) avait fait la même chose, s’intégrant à une petite population nicheuse en Moselle à quelques 200 km de Bellechasse. Plume vient d’en repérer une autre plus distante, à environ 500 km de son site de lâcher (et 200 km de son lieu de naissance).

Concernant les mâles en revanche, les trois « suisses » identifiés jusqu’à présent de retour (Fusée PR9; Taurus PS7 et Arthur F12) sont revenus dans la région des Trois-Lacs où ils avaient été relâchés. Ce qui signifie que sur les six oiseaux réintroduits à Bellechasse dont le retour a déjà été certifié, au moins un mâle et une femelle de chaque année ont survécu à la migration : Fusée et Mouche de 2016, Taurus et Flamme KF6 de 2017, et maintenant Arthur et Plume de 2018. Alors que notre taux actuel de retour de 16% est un peu plus bas que les 20% notés par exemple au projet de réintroduction de Rutland Water en Angleterre (premier du genre en Europe), la saison 2020 n’est pas encore terminée et nous pouvons toujours espérer d’autres bonnes nouvelles. En particulier, au moins une observation de Balbuzard avec bague bleue ce printemps dans la vallée du Doubs semble concerner un autre mâle de retour, mais jusqu’à présent nous ne sommes pas sûrs de son identité.

Un autre signe encourageant est qu’il y a eu plusieurs observations de femelles non baguées en Suisse occidentale durant la première moitié de cet été, ce qui est plutôt inhabituel à cette époque. On se tient les pouces pour que l’une d’elles croise un jour le chemin d’un de nos mâles !

The Osprey in Switzerland