Un deuxième mâle de retour!

PS7-Taurus balbuzard

PS7, autrement connu sous le nom de Taurus, est de retour ! Né dans la province de Sachsen-Anhalt en Allemagne orientale, il avait été relâché en Suisse le 27 juillet 2017 après avoir séjourné quatre semaines en volière. Il était parti en migration le 3 septembre, date depuis laquelle nous n’avions plus eu de ses nouvelles. Jusqu’au 29 juin de cette année, quand un Balbuzard inconnu portant une bague bleue à la patte droite a été vu perché devant les volières trois jours après l’arrivée à Bellechasse de six jeunes transférés d’Allemagne. Par chance nous avons réussi à lire sa bague le 30 juin, et depuis lors il a visité le secteur presque quotidiennement, montrant un intérêt évident pour les jeunes installés en volières (qui en abritent maintenant douze avec l’arrivée hier de six autres oiseaux de Norvège).

Quelques jours après sa découverte en Suisse, nous avons appris que Taurus avait aussi été vu par Renaud Glotoff le 22 mai près de Dôle, en France voisine, à environ 120 km à l’ouest du site de lâcher. Ce premier retour en mai, voire même plus tard, d’un immature est typique pour l’espèce. Comme ils ne sont pas pressés de retourner à un nid, ils ont tout leur temps pour visiter d’autres régions en route. Après Fusée l’année dernière et de nouveau ce printemps, Taurus est notre deuxième mâle immature à revenir dans la région des Trois-Lacs.

Trois nids de plus et …

Trois nids supplémentaires ont été construits ce printemps dans la région des Trois-Lacs, portant à 16 le nombre total de plateformes installées jusqu’à présent. Merci encore à l’équipe enthousiaste de constructeurs de nids, avec les super-grimpeurs Christian Grand, Paco Grand et Yann Marbach, appuyés au sol par Michel Beaud, Emile Curty, Denis Landenbergue, Carmen Sedonati, Wendy Strahm et Henri Vigneau.

Depuis son retour en avril, Fusée (PR9) a été remarqué plusieurs fois stationnant sur une de nos plateformes, alternant périodes de repos, de toilettage et de nourrissage.  Nous l’avons aussi observé apportant une motte de terre avec de l’herbe sèche, qu’il a  soigneusement arrangée au centre du nid avant d’y gratter une dépression avec ses pattes. Après s’y être brièvement couché pour en tester le confort, il a même déplacé une branche avec son bec ! Bien que Fusée soit encore un peu trop jeune pour se reproduire (sans compter qu’il n’a pas encore trouvé de femelle), l’observation d’un tel comportement est la première du genre réalisée en Suisse depuis plus d’un siècle.

Les préparatifs de la saison de réintroduction 2019 sont déjà bien en cours, avec la translocalisation de jeunes d’Allemagne et de Norvège anticipée entre fin juin et mi-juillet.

Fusée à la radio suisse romande !

Fusée PR9 de retour

Un scoop vient d’être annoncé aujourd’hui par la radio suisse romande : Fusée (PR9) est de retour pour la deuxième année consécutive ! Repéré le 9 avril par des fans de l’espèce, ce mâle, né en Norvège et relâché à Bellechasse en 2016, avait déjà fait la une des medias l’année dernière. Il a été le premier Balbuzard ayant pris son envol en Suisse à  revenir depuis plus d’un siècle, observé une première fois en mai puis à nouveau en juillet-août. Sa notoriété s’était encore accrue l’automne dernier avec la découverte de ses quartiers d’hiver au Sénégal, où il a été revu en février 2019. Fusée a réussi sa longue migration (plus de 4’000 km) pour la quatrième fois, et il n’est pas exclus qu’il commence bientôt à s’intéresser à la gent féminine… .

L’émission complète sur le projet peut être écoutée ici.

Rapport de la quatrième année du projet

Holger Gabriel contrôle un nid

Un rapport sur la “Quatrième année de réintroduction du Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus en Suisse et premiers retours“ a paru dans le fascicule de mars 2019 de la revue Nos Oiseaux. Il relate les principales étapes du projet en 2018 : construction de plateformes supplémentaires, translocalisation, libération et stationnement dans la région des Trois-Lacs d’une nouvelle volée de 12 jeunes oiseaux originaires d’Allemagne et de Norvège, puis départs en migration entre fin août et mi-septembre. Les « points forts » de la saison 2018 ont été le retour en Europe de deux premiers immatures relâchés par le projet en 2016, le séjour estival de l’un d’entre eux pendant un mois à Bellechasse, et la découverte quelques semaines plus tard de son site d’hivernage en Afrique de l’ouest. L’article est téléchargeable ici.

Nous sommes maintenant en train d’organiser l’équipe de bénévoles pour l’été 2019. Si vous êtes intéressé(e) et disponible pour une période de deux semaines entre début juillet et mi-septembre n’hésitez pas à nous contacter.

Recherche bagues bleues désespérément

Bagues bleues pour Balbuzard

La migration des Balbuzards démarre, avec l’observation des premiers traversant la Suisse. Ailleurs certains sont déjà arrivés à leur nid, comme en Ecosse, en Angleterre, en Allemagne ou en France. Un des premiers vus en Suisse a survolé hier notre site de lâcher à Bellechasse : très probablement un migrateur, mais on ne sait jamais !

Bague bleue Balbuzard suisseNous lançons un appel à signaler le lieu et l’heure de toute observation d’un Balbuzard avec bague bleue à la patte droite, faite en Suisse ou aux environs, sur www.ornitho.ch ou ici.

Même s’il est trop tôt pour espérer une reproduction chez nous cette année, cela nous permettrait, si nécessaire, d’installer une plateforme dans tout territoire potentiel auquel un oiseau pourrait s’intéresser.

A vos jumelles et télescopes … et bonne chance !

Un nouveau look pour Fusée

Fusée PR9 par Marc Steinmetz

Après quatre mois sans nouvelles, Fusée (PR9) a été revu le 10 février au Sénégal – avec un nouveau look. La dernière fois qu’il avait été observé (le 10 octobre 2018), il arborait encore le plumage caractéristique d’un immature, mais quelle différence juste quelques mois plus tard ! Jean-Marie Dupart, qui avait découvert son lieu d’hivernage et réussi à le photographier à trois reprises l’automne passé, ne l’avait pas retrouvé depuis lors. Denis Landenbergue et Wendy Strahm, du Projet Balbuzard, ont aussi passé un jour à le chercher avec Jean-Marie le 22 décembre dernier, mais sans succès.

 PR9 par Marc SteinmetzRetournés il y a une semaine au même endroit – une zone humide appelée Trois Marigots, Jean-Marie et Marc Steinmetz ont alors eu la belle surprise d’y revoir Fusée. Sur les magnifiques photos de Marc, on remarque bien que ce célèbre mâle de Balbuzard a maintenant un plumage typiquement d’aspect adulte, uniformément foncé dessus. Nous sommes enchantés d’apprendre que l’hivernage de Fusée s’est bien déroulé, et nous espérons vivement le voir bientôt de retour dans la région des Trois-Lacs. Il ne devrait plus trop tarder à se mettre en route vers l’Europe, où le pic des arrivées peut être attendu entre fin mars et mi-avril.

L’équipe 2018

Une fois encore notre saison s’est très bien déroulée en 2018, grâce à toutes celles et ceux qui ont œuvré pour le succès de la quatrième année de réintroduction du Balbuzard en Suisse. En premier lieu, nous remercions les bénévoles qui ont réservé au moins deux semaines de leur temps précieux pour appuyer le projet à Bellechasse : Nadjiba Bendjedda, Gérald & Terry Berney, Roxanne Bolomey, Solange Chuat-Clottu, Philippe Evard, Johnny Kursner, Pierre-Luc Pahud, Torsten Redies, Virginie Trieu et Marièle Zufferey.

Un grand merci également aux autres collègues et supporters pour leur appui si crucial au bon déroulement de toute l’opération : Mario Firla, Holger Gabriel et Daniel Schmidt en Allemagne; Rune Aae et sa famille en Norvège; nos deux techniciennes Balbuzard Amélie Bierna et Andreia Dias, ainsi qu’Emmanuel Carino. Sans oublier bien sûr Michel Beaud et Pascal Rapin, très engagés entre autres au sein du Groupe de pilotage du projet avec Denis Landenbergue et Wendy Strahm; et tous les autres enthousiastes qui, d’une manière ou d’une autre, nous ont aussi aidé cette année : Adrian Aebischer, Emile Curty, Christelle Mugny, Christine Rast, Pascal Schöpfer, ainsi que notre équipe de grimpeurs : Christian et Pascal Grand, Henri Vigneau, et Yann Marbach.

Notre gratitude s’adresse également aux pêcheurs professionnels qui ont, cette année encore, régulièrement fourni du poisson frais pour nos oiseaux : Pierre Schär & famille, Henri Christinat & famille au lac de Morat, et Claude Delley au lac de Neuchâtel. Une reconnaissance particulière va finalement aux Etablissements de Bellechasse et à leurs collaborateurs, ainsi qu’à tous les donateurs privés ou institutionnels du projet. Cliquez sur la galerie-photo pour quelques souvenirs sympathiques de l’équipe 2018 (dont certains membres ont passé entre les mailles des portraitistes – on essaiera de faire mieux l’année prochaine).

Au revoir, et merci pour tout le poisson

fish gardon

La saison Balbuzard 2018 s’est enfin terminée, plus d’un mois plus tard que les années précédentes. Le dernier de nos 11 oiseaux à partir de ses propres ailes a été Mystère (F10), l’un des jeunes les plus bavards que nous ayons eu – avec toujours « quelque chose à dire ». Après son départ le 15 septembre, une semaine plus tard que sa sœur Pistache (F11), le ciel est soudainement devenu bien silencieux, nous laissant juste avec Mirage (F08).

Beaucoup nous ont demandé des nouvelles de Mirage, suite à son atterrissage manqué du 8 août. Nous sommes heureux d’annoncer qu’elle se porte bien dans son nouveau lieu d’accueil, le «Greifvogelstation» (=Centre de réhabilitation de rapaces) à Haringsee, en Autriche. Juste après son accident, le Centre Ornithologique de Réadaptation de Genthod en avait brillamment pris soin, ce qui a permis de la ramener à Bellechasse le 4 septembre. Nous avions l’espoir qu’elle reprenne suffisamment de forces pour être relâchée, mais comme elle a entretemps perdu trois rémiges primaires, cela n’a pas été possible. Ayant l’expérience de garder des Balbuzards en captivité et disposant d’une grande volière à Haringsee, le Dr Hans Frey était prêt à l’accueillir pendant l’hiver, voire plus longtemps si nécessaire. Ainsi, après l’organisation des documents nécessaires, Mirage s’est envolée (par avion) le 25 octobre de Zürich à Vienne, où elle a été réceptionnée par la Greifvogelstation.

Nous remercions vivement les bénévoles qui s’en sont occupés et les pêcheurs qui ont continué à nous fournir du poisson jusqu’à tard dans la saison. A l’aéroport de Zurich, Ace Pet Movers ont été très dévoués pour faciliter son transport vers Vienne. Espérons seulement qu’à l’avenir, tous nos oiseaux seront en mesure de partir avec leurs propres ailes !

Bonne nouvelle du Sénégal

Fusée au Sénégal

Bonne nouvelle : Jean-Marie Dupart, qui vit au Sénégal, y a repéré et photographié Fusée (PR9), le mâle relâché en Suisse en 2016 et qui avait passé presque un mois avec nous cet été à Bellechasse !

Sa dernière observation en Suisse datait du 26 août, juste avant son départ en migration. Au Sénégal, Fusée a été vu pour la première fois le 16 septembre non loin de St-Louis, dans le nord du pays. Son découvreur a réussi à lire sa bague bleue le 1er octobre, et confirmé sa présence au même endroit le 10. Peut-être Fusée passera-t-il tout l’hiver dans cette région, une magnifique zone humide riche en poissons ? L’endroit se trouve à environ 20 km d’où un autre de nos jeunes Balbuzards relâchés il y a deux ans avait été observé le 22 décembre 2016 –  dans le Parc national de la Langue de Barbarie.

Georges est en Andalousie

Georges F03 à Malaga

Nous avons reçu des nouvelles de Georges (F03) qui nous ont vivement réjoui, alors que Mirage (F08) n’a malheureusement pas récupéré de l’accident qu’elle avait eu le lendemain de son lâcher. Georges est bien arrivé en Andalousie, où il a été repéré le 12 septembre par deux observateurs locaux à l’embouchure du fleuve Guadalhorce, à Malaga !

Né en Allemagne orientale dans une famille de 3 jeunes, il a été transféré le 28 juin en Suisse, où il a ensuite été relâché le 23 juillet. C’est le dessin en forme de grande croix sur sa tête qui est à l’origine de son nom, choisi en mémoire de Georges Lacroix, pionnier français de la réintroduction du Gypaète barbu dans les Alpes de Haute-Savoie.

« Notre » Georges a été parmi les premiers jeunes de cette année à entreprendre des vols exploratoires aux alentours du site de réintroduction, et c’est lui qui avait été filmé le 13 août,  s’entraînant à plonger, à la réserve naturelle du Fanel. Il a commencé sa migration le 4 septembre, cela lui a donc pris huit jours tout au plus pour atteindre Malaga (situé à environ 1’450 km de Bellechasse en ligne droite).

Un grand merci à Juan Ramirez et Antonio Tamayo qui nous ont signalé cette belle observation et transmis la photo ci-dessus, ainsi qu’à Fernando de la Cruz, du Conseil pour l’environnement et l’aménagement du territoire de l’Autorité andalouse, pour son message nous indiquant que ses rangers assureraient la sécurité de Georges pendant son séjour dans la réserve du Guadalhorce. Georges a de toute évidence choisi un très bon endroit pour faire escale !

The Osprey in Switzerland