Georges est en Andalousie

Georges F03 à Malaga

Nous avons reçu des nouvelles de Georges (F03) qui nous ont vivement réjoui, alors que Mirage (F08) n’a malheureusement pas récupéré de l’accident qu’elle avait eu le lendemain de son lâcher. Georges est bien arrivé en Andalousie, où il a été repéré le 12 septembre par deux observateurs locaux à l’embouchure du fleuve Guadalhorce, à Malaga !

Né en Allemagne orientale dans une famille de 3 jeunes, il a été transféré le 28 juin en Suisse, où il a ensuite été relâché le 23 juillet. C’est le dessin en forme de grande croix sur sa tête qui est à l’origine de son nom, choisi en mémoire de Georges Lacroix, pionnier français de la réintroduction du Gypaète barbu dans les Alpes de Haute-Savoie.

« Notre » Georges a été parmi les premiers jeunes de cette année à entreprendre des vols exploratoires aux alentours du site de réintroduction, et c’est lui qui avait été filmé le 13 août,  s’entraînant à plonger, à la réserve naturelle du Fanel. Il a commencé sa migration le 4 septembre, cela lui a donc pris huit jours tout au plus pour atteindre Malaga (situé à environ 1’450 km de Bellechasse en ligne droite).

Un grand merci à Juan Ramirez et Antonio Tamayo qui nous ont signalé cette belle observation et transmis la photo ci-dessus, ainsi qu’à Fernando de la Cruz, du Conseil pour l’environnement et l’aménagement du territoire de l’Autorité andalouse, pour son message nous indiquant que ses rangers assureraient la sécurité de Georges pendant son séjour dans la réserve du Guadalhorce. Georges a de toute évidence choisi un très bon endroit pour faire escale !

Notre Roger est numéro 1 !

Roger F07

Nos Balbuzards ont commencé à partir vers le sud, et Roger (F07) a été le premier à migrer.  La raison pour laquelle nous l’avons appelé Roger vient du motif en forme de « numéro 1 » qu’il a sur la tête.  Le nom à donner à cette vedette helvétique nous semblait donc évident, même si nous ne savions pas qu’il serait numéro 1 à migrer ! Il est parti le 26 août, par un temps ensoleillé et lumineux avec fort vent du nord (conditions de voyage idéales pour des balbuzards).

Fusée (PR9), la grande surprise de cette saison, est lui aussi parti le 26 août. Relâché en 2016 et vu pour la première fois de retour en Suisse en mai, il est soudainement apparu à Bellechasse le 28 juillet. C’était un plaisir de le voir dans la région pendant un mois, côtoyant les jeunes relâchés cette année et s’appropriant un nid artificiel que nous avions construit.  Espérons qu’il fera bon voyage vers l’Afrique et que nous le reverrons ici l’année prochaine !

Depuis le départ de Roger et Fusée, huit autres oiseaux sont encore partis en migration, dont un nombre record de cinq le 4 septembre, par un jour chaud et ensoleillé avec petite bise. Il nous en reste maintenant trois : les deux plus jeunes (Mystère et Pistache) ainsi que Mirage. Malheureusement, Mirage s’était blessée le lendemain de sa libération, glissant sur le sommet mouillé d’un pylône lors du deuxième atterrissage qu’elle faisait dans sa vie. Nous remercions chaleureusement le Centre Ornithologique de Réadaptation de Genthod d’en avoir admirablement pris soin, et nous espérons qu’elle récupérera bientôt suffisamment pour être relâchée.

Début des excursions locales

Osprey Fanel 13aug18

Après des semaines de soins et beaucoup de poisson servi dans nos volières faites sur mesure, les premiers Balbuzards libérés cet été (les 23 et 27 juillet) ont commencé à entreprendre des excursions locales, leur permettant de se familiariser avec les environs et de se préparer à la migration. Grâce au petit émetteur radio dont ils sont munis, nous sommes au courant quand nos oiseaux s’éloignent, mais sans toujours savoir où ils se rendent. Dans la plupart des cas toutefois, ils partent visiter les lacs de Morat, de Neuchâtel (Fanel et Chablais de Cudrefin) ou de Bienne (Hagneck et Ile St Pierre).

Le 13 août, Kilian Disler a  filmé « Georges » (portant une bague bleue marquée F03 à la patte droite) dans la réserve naturelle du Fanel, où il a même documenté cet oiseau s’entraînant à plonger, 21 jours après son envol. Voir cette superbe vidéo ici. Le 8 août, Sonja Portenier avait photographié « Nuage » (bague bleue F01) au Chablais de Cudrefin, 16 jours après son premier vol. Merci Kilian et Sonja pour ces précieuses informations!

Balbuzard F01 à Fanel
“Nuage” au Chablais de Cudrefin, le 8 août 2018.

Si vous voyez un Balbuzard portant une bague bleue, merci de bien vouloir nous signaler la date, le lieu et l’heure de votre observation. Veillez à ne pas déranger l’oiseau, en évitant de trop vous en approcher (pas à moins de 300m). Pour sa tranquillité, mieux vaut en effet l’observer d’une bonne distance au télescope ou aux jumelles.

Fusée est de retour!

Fusée de retour

Après qu’il a été vu en Suisse en mai (voir l’histoire de son retour ici), mais sans nouvelles de lui entretemps, nous avons été ravis que « Fusée » (PR9)  apparaisse soudainement l’après-midi du 28 juillet à notre site de réintroduction. Ce jour-là, cinq jeunes Balbuzards récemment relâchés volaient déjà autour des volières, ce qui nous a d’abord fait penser que nous avions vu double en comptant six oiseaux. Nous avons finalement réussi à identifier l’oiseau «de trop», perché sur la même branche que deux de nos jeunes qui paraissaient plutôt perplexes à la vue d’un tel visiteur.  Par chance Fusée a profité ensuite de quelques «poissons gratuits» disponibles à la station de nourrissage, ce qui nous a permis de confirmer par webcam qu’il s’agissait  bien de lui. Pour une vidéo de son bref atterrissage puis de son envol avec un poisson, voir ici. Nous avons immédiatement remarqué qu’il était beaucoup plus expérimenté et agile dans la collecte de poisson que les jeunes récemment libérés. Cette visite de Fusée est une étape très positive de plus pour le projet, vu qu’il est le premier de nos oiseaux à revenir au site de réintroduction, tout juste deux ans après son lâcher en 2016.

Depuis lors, Fusée nous a de nouveau rendu visite de temps en temps, et il a même adopté un nid artificiel comme son perchoir favori. Espérons qu’il survivra à sa prochaine migration et qu’il reviendra l’année prochaine…

Volée 2018

F11-5jul18La saison 2018 de réintroduction du Balbuzard est en bonne voie : six jeunes sont arrivés par la route le 28 juin en provenance d’Allemagne orientale et sont entrés en Suisse par Bâle. Six autres originaires de Norvège méridionale ont rejoint Zurich le 5 juillet par vol direct depuis Oslo.

La proportion de mâles et de femelles n’est pas encore établie de façon définitive, mais à première vue il semble y avoir à peu près la moitié de chaque. En général les mâles pèsent moins de 1,5 kg et les femelles plus, mais le sexe des plus petits reste difficile à déterminer à ce stade de leur croissance.

Notre « volée 2018 » est maintenant au complet. Tous les oiseaux, âgés de quatre à six semaines, se portent bien et mangent beaucoup de poisson. Grand merci comme d’habitude aux spécialistes, grimpeurs et bénévoles aussi efficaces que dévoués avec lesquels nous avons le plaisir de collaborer !

Checking-in-birds-5jul18
Rune Aae et Wendy Strahm, avec Hans-Erik Bakkland de Trust Forwarding, à l’enregistrement des oiseaux à Oslo.
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Les oiseaux sont bien arrivés à l’aéroport de Zurich, grâce à Marianne Imhof et Marcel Brozius d’Ace Pet Moving.

« Mouche » fait mouche !

Mouche_PR4Nous sommes ravis d’annoncer qu’un autre de nos oiseaux est de retour en Europe, où il a récemment été repéré dans l’est de la France ! « PR4 », également connu sous le nom de « Mouche », est une jeune femelle libérée à Bellechasse en 2016. Elle avait été collectée il y a tout juste deux ans dans le Land de Sachsen-Anhalt en Allemagne. Après avoir séjourné près d’un mois en volière jusqu’à sa libération le 23 juillet, elle était partie en migration le 25 août (dernière fois que nous avions eu de ses nouvelles). Pour mémoire, aucun de nos jeunes oiseaux n’est équipé de balise satellitaire, pour garantir qu’ils ne risquent pas d’être entravés lorsqu’ils apprennent à pêcher. A partir du moment où ils quittent la Suisse, nous n’avons donc aucun moyen de les localiser jusqu’à ce que quelqu’un les observe, soit en escale de migration ou dans leurs quartiers d’hiver, soit quand les plus chanceux reviennent chez nous.

Mouche, nommée d’après la forme des taches sur sa tête, se montre à la hauteur de son appellation en « faisant mouche ». De retour après seulement deux ans, elle fait maintenant ce que font tous les Balbuzards « adolescents » quand ils reviennent : se balader et explorer leur continent d’origine. Il n’est donc pas surprenant que Mouche ait dépassé sa zone de lâcher pour se retrouver à environ 180 km plus au nord.

Espérons que d’ici quelques années, quand elle sera devenue adulte et cherchera un partenaire, elle s’installera plus près de notre région. Peut-être viendra-t-elle même nous rendre visite plus tard cet été ?

Premier retour confirmé

Balbuzard-PR9

C’est confirmé, un premier de nos jeunes Balbuzards est revenu en Suisse!

L’espoir avait d’autant plus augmenté qu’un nombre d’observations de Balbuzards supérieur à la moyenne a été signalé ce printemps sur www.ornitho.ch. Il est toutefois difficile de voir si un oiseau est bagué ou non, et il peut toujours s’agir de migrateurs de passage, ce qui est normal à cette époque de l’année.

La grande nouvelle est que nous avons récemment eu la preuve que PR9, également connu sous le nom de Fusée, est revenu. Fusée est un jeune mâle né en Norvège en 2016. Il s’était tout de suite montré précoce car après avoir été amené en Suisse le 14 juillet et libéré le 30 juillet, il fut le premier de la «volée 2016» à migrer le 23 août.

Son nom semblait prédestiné. Tous nos oiseaux sont nommés par l’équipe Balbuzard sur la base du dessin différent que chaque oiseau a sur la tête. En passant beaucoup de temps à les surveiller par webcam quand ils séjournent dans les volières, leur donner un nom inspiré de ces motifs nous aide en effet à distinguer lequel est lequel. Une partie au moins de l’équipe de projet 2016 avait remarqué un dessin en forme de fusée sur la tête de cet oiseau, et de toute évidence il fait honneur à son nom.

Bien qu’il soit trop tôt pour que Fusée s’établisse sur un territoire et se reproduise, le fait que cet oiseau ait migré vers l’Afrique et soit revenu en Suisse représente un jalon majeur pour le projet. Il va sans doute passer l’été, comme le font d’habitude les Balbuzards adolescents, à vagabonder et à explorer, pouvant apparaître plus ou moins n’importe où. Si vous voyez un Balbuzard en Suisse ou aux environs, merci de vérifier tout particulièrement s’il est bagué, et n’hésitez pas à nous le signaler (pour éviter tout risque de dérangement, les emplacements ne seront bien sûr pas divulgués).

Fusée est le premier Balbuzard qui ait pris son envol en Suisse et qui y soit revenu depuis un peu plus d’un siècle.

« M. Sud » migre sur la Suisse

carte mâle norvegien

Rune Aae, l’expert norvégien du Balbuzard qui participe à la translocalisation de poussins pour notre projet, avait fixé des balises satellites sur un couple d’adultes norvégiens qu’il a suivi depuis le 12 juillet 2015. Le mâle («M. Sud») hiverne traditionnellement en Côte d’Ivoire et la femelle («Mme Sud») hiverne en Guinée-Bissau.

Nous sommes ravis de voir que la migration du mâle est déjà bien en cours, alors que la femelle – qui a commencé son retour vers le nord – est toujours en Afrique. Le mâle a survolé la Suisse le 9 avril, passant peut-être au-dessus de certaines des nouvelles plateformes que nous avions fini d’installer la veille dans la région des Trois Lacs!

Même si nos nids ne le dissuaderont pas de retourner en Norvège où il est né et où il se reproduit, c’est un plaisir de penser qu’il a vu la région dans laquelle nous espérons que certains de ses «compatriotes» translocalisés en Suisse reviendront un jour pour nicher. L’année dernière, un «drame familial» s’était produit en Norvège, où M. Sud s’était séparé de Mme Sud et avait trouvé une autre femelle, ce qui n’avait malheureusement pas abouti à une reproduction réussie. Espérons que « M. et Mme Sud » auront une meilleure saison de nidification en 2018 !

Marathon de construction de nids

Panorama du nid

Sept magnifiques nids artificiels de plus construits et un autre rénové en l’espace de deux semaines ! C’est le résultat d’une récente accélération printanière d’activité, pour qu’au moment de leur retour « nos » Balbuzards disposent d’un choix croissant de nids qui les feront se sentir encore mieux chez eux. Même s’il est toujours possible qu’ils décident de construire leur propre nid, il est important pour eux de bénéficier d’une belle diversité de plateformes et d’en graver l’existence dans leur mémoire pour le jour où ils reviendront.

Nid balbuzardLes nids sont aménagés à des distances variables du site de réintroduction dans la région des Trois Lacs, sur les arbres les plus favorables et les mieux situés découverts lors de nombreuses journées de prospection surtout en automne et en hiver. Notre fantastique équipe de grimpeurs a construit les nouvelles plateformes sur la cime d’arbres culminant souvent à plus de 30m. Nos plus chaleureux remerciements vont à Christian Grand, Pascal Grand, Yann Marbach, Daniel Schmidt et Henri Vigneau pour leur brillant travail à des hauteurs aussi impressionnantes. Quant à l’équipe d’assistance au sol, qui a réuni et aidé à hisser tout le matériel de construction jusqu’à ces sommets, elle a inclus Michel Beaud, Cyril Combremont, Emile Curty, Denis Landenbergue, Pascal Rapin et Wendy Strahm. L’aménagement de nombreux autres nids va encore suivre, mais espérons d’ores et déjà que certains de nos oiseaux reviendront et profiteront un jour des belles plateformes qui les attendent !

Rapport sur la troisième année du projet

Toupie KF4

Un rapport sur la “Troisième année de réintroduction du Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus en Suisse“ a paru dans le fascicule de mars 2018 de la revue Nos Oiseaux. Il donne une vue d’ensemble du travail réalisé et des résultats obtenus en 2017 par le projet Balbuzard, y compris la surprise d’en avoir eu temporairement  « treize à la douzaine » : non seulement l’ensemble des 12 jeunes relâchés sont bien partis en migration,  mais de plus une jeune femelle de passage baguée en Allemagne, de toute évidence attirée par notre cohorte locale, a fait une escale de 5 jours avant de poursuivre son voyage vers le sud. L’article est téléchargeable ici.

The Osprey in Switzerland