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Flamme (KF6) en Gambie

Balbuzard Flamme KF6 en Gambie

Très bonne nouvelle : Flamme (KF6) a été repéré, pour la première fois depuis son lâcher en 2017, le 2 mars en Gambie par Chris Woods et Joanna Dailey ! Né au sud de la Norvège dans une famille de trois jeunes,  il pesait 1480 g peu avant d’être relâché. Ce qui nous avait fait penser qu’il était probablement un mâle, ceux-ci pesant d’habitude moins de 1,5 kg alors que les femelles sont généralement plus lourdes. Le résultat d’un sexage par par ADN n’avait cependant malheureusement pas été concluant pour cet oiseau.

S’agit-il finalement d’un mâle ou d’une femelle ? Même avec les belles photos prises par Chris et Joanna, l’incertitude subsiste.  Alors que Flamme arbore une large bavette sombre d’habitude typique chez les femelles, certains mâles en ont parfois aussi une. Une photo montrant son dessous des ailes assez pâle et sa tête relativement petite suggère toutefois que l’oiseau serait plutôt un mâle. La question est pertinente, sachant que les mâles sont plus philopatriques que les femelles. Si Flamme est un mâle et si sa migration de retour se passe bien, la probabilité serait alors plus grande qu’il soit revu en Suisse dans les semaines ou mois à venir.

Balbuzard Flamme KF6 en GambieIl n’en reste pas moins extraordinaire que Flamme est le troisième Balbuzard du projet suisse découvert dans l’aire d’hivernage de l’espèce en Afrique subsaharienne, après qu’un mâle inconnu de 2016 a été photographié au Sénégal (sans que sa bague bleue soit lisible) en décembre de cette année-là, puis que Fusée (PR9), un autre mâle de 2016, a été identifié à quatre reprises dans ce même pays pendant l’hiver 2018-19.

L’équipe 2019

Nous avons eu une excellente saison 2019, avec l’envol et la migration de l’ensemble des 12 oiseaux lâchés, sans oublier deux autres,  Fusée PR9 (de 2016) et Taurus PS7 (de 2017), qui sont revenus en Suisse. Un tel succès a été rendu possible grâce au travail de nombreuses personnes, cette année comme les précédentes. Grand merci en particulier aux bénévoles qui ont passé au moins deux semaines de leur précieux temps sur le terrain à Bellechasse : Sandra Hails, Amy Hall, Jérémy Jenny, Marie-Jo Küch, Johnny Kursner, Danièle Ligron, Michèle Looten, Rim Maamouri, Gary Miller, Bernard Monnier, Thierry Schmid et Marièle Zufferey. Ils ont tous travaillé avec enthousiasme avec les techniciennes Balbuzard Marine Brunel (remplacée pour une semaine par Emmanuel Carino) et Andreia Dias, le bénévole de longue date Denis Landenbergue et la coordinatrice du projet Wendy Strahm. Sans oublier Adrian Aebischer, Michel Beaud, Emile Curty, Pascal Rapin, Christine Rast, Pascal Schöpfer et bien d’autres collègues et sympathisants qui ont contribué au projet d’une manière ou d’une autre en 2019 (tous mentionnés dans notre rapport à paraître en mars 2020 dans la revue Nos Oiseaux). Nos vifs remerciements à toutes et tous!

Cap de 20 nids dépassé

Equipe de sol construction des nids balbuzards

Suite à la construction de cinq plateformes supplémentaires depuis le printemps (les deux dernières ce week-end), leur nombre total se monte à 21, la majorité avec une vue imprenable sur l’un ou l’autre des lacs de la région. Grand merci à nos super-grimpeurs Christian et Paco Grand, ainsi qu’aux autres bénévoles* grâce à qui tout ce travail a pu être réalisé.

Même avec le cap symbolique de 20 nids dépassé, nous continuerons d’en construire d’autres afin d’offrir le plus grand choix possible aux Balbuzards de retour. Les plateformes sont toujours installées dans des endroits tranquilles, à l’écart des nombreux chemins et sentiers très parcourus qui constellent le Plateau suisse.

Plateforme pour BalbuzardUn de nos prochains défis sera de les contrôler régulièrement, pour  savoir si l’une ou l’autre viendrait à être adoptée. Le moment venu, toutes les mesures pour garantir la sécurité et la quiétude des oiseaux devront naturellement être prises.

*Emile Curty, Henri Vigneau, Michel Beaud, Yann Marbach, Wendy Strahm, Denis Landenbergue, Carmen Sedonati et Joachim Haldi

Derniers du lot

Balbuzard Cèpe à Hagneck, Suisse

Nos « derniers du lot » Cactus (F24) et Cèpe (F15) sont finalement partis en migration le 17 septembre, clôturant ainsi la saison Balbuzard 2019 à Bellechasse. Ils ont presque égalé le record des départs les plus tardifs depuis le début du projet, celui de deux jeunes qui avaient migré le 19 septembre 2015.

Cactus a été le dernier à prendre son envol le 12 août, alors que Cèpe avait été l’un des premiers lâchés le 19 juillet. Il a donc établi le record du plus long séjour entre sa libération et son départ, soit 60 jours (le précédent était de 49 jours, par PR1 en 2016).

Détail intéressant, les derniers départs de 2019 ont été très similaires à ceux de 2015. Cette année-là, le dernier mâle (PP4) avait donné l’impression d’attendre le départ de la plus jeune femelle (PP1) avant d’enfin migrer à son tour. Or cet été nous avons eu le sentiment que Cèpe (photographié le 8 septembre par Adrian Schmid à Hagneck) a lui aussi attendu le départ de Cactus (également la plus jeune femelle) avant d’entreprendre le grand bond.

Grâce à la fantastique équipe Balbuzard qui a pris soin non-stop de nos oiseaux cette année, 2019 a été un grand cru, avec 12 jeunes élevés, lâchés et partis en migration avec succès. Il ne reste plus à présent qu’à leur souhaiter bon voyage, et à espérer qu’autant d’entre eux que possible reviendront dans 2-3 ans.

Top départ

Cèpe at Chavornay

Tino (F22), mâle originaire de Norvège, a été le premier des 12 jeunes relâchés cette année à migrer (le 25 août, 27 jours après son premier envol). Son timing est très semblable à celui de Roger (F07, aussi norvégien) l’année dernière (26 août 2018, 25 jours après son premier vol).

Tous les paris sur le premier à partir misaient pourtant sur Cèpe (F15), nommé d’après le dessin en forme de champignon sur sa tête, et qui semblait le plus avancé. Comme quoi on ne peut rien prédire. Le refrain « Cèpe est de retour » était devenu un classique, avec sa tendance à s’éclipser jusqu’à deux jours et nuits, souvent hors de la zone de captage de son signal radio, avant de soudainement réapparaître. Nous savons qu’il est allé aussi loin que la réserve naturelle de Chavornay – à 53 km de Bellechasse – grâce à de magnifiques photos prises par André Hübscher le 16 août. Il y a même été vu essayant plusieurs fois de pêcher sans succès, certainement une bonne raison pour lui d’être revenu deux heures plus tard pour un repas à notre « restaurant à Balbuzards » !

Aujourd’hui Cèpe est toujours à Bellechasse, mais il reste à voir pour combien de temps encore. De même pour Taurus (PS7), le mâle de deux ans vu régulièrement depuis le 29 juin. Le seul oiseau dont nous n’avons pas de nouvelles récentes est Fusée (PR9), dont la dernière observation sûre date du 5 mai. Nous suspectons toutefois que certaines observations faites à fin mai et début juin dans la région pourraient l’avoir concerné. Peut-être Fusée a-t-il changé de secteur quand Taurus est revenu ? Nous espérons en tout cas vivement qu’il sera à nouveau repéré dans ses quartiers d’hiver au Sénégal.

Tous bien envolés

Fanel vu de Mont Vully

Les 12 jeunes Balbuzards de notre « volée 2019 » ont maintenant tous été lâchés avec succès et se nourrissent très bien. Beaucoup ont déjà commencé à explorer la région, chacun choisissant ses lieux préférés où nous pouvons les suivre grâce au petit émetteur radio VHS dont ils sont équipés.

Alors que la réserve du Fanel est toujours très appréciée au lac de Neuchâtel, le lac de Morat et celui de Bienne (où un a été photographié par Yannick Bischof le 9 août à Hagneck) sont aussi très prisés. Un de nos jeunes au moins, baptisé Cèpe d’après le dessin de sa tête, visite aussi volontiers le cours de l’Aar à Niederried.

Alors que les premiers migrateurs ont déjà commencé à traverser la Suisse (dont un vu le 8 août – né cette année en Allemagne), les plus avancés de nos jeunes ne tarderont sans doute pas à mettre à leur tour le cap au sud.

Quant à Taurus, mâle de deux ans revenu pour la première fois cette année, il est toujours dans les parages où il a démontré quelques comportements très intéressants. Peu après les premiers lâchers, il a été observé plusieurs fois nourrissant certains jeunes, comme si leur présence l’avait motivé à se mettre en «mode parent». Il a par ailleurs été vu apportant des mottes de paille sèche sur un nid avant d’y arranger ensuite quelques branches. Il ne manquerait plus maintenant qu’une femelle passe par là …

Comme d’habitude, tout signalement de Balbuzard dans la région est le bienvenu sur www.ornitho.ch – ou vous pouvez aussi nous contacter.

Un deuxième mâle de retour!

PS7-Taurus balbuzard

PS7, autrement connu sous le nom de Taurus, est de retour ! Né dans la province de Sachsen-Anhalt en Allemagne orientale, il avait été relâché en Suisse le 27 juillet 2017 après avoir séjourné quatre semaines en volière. Il était parti en migration le 3 septembre, date depuis laquelle nous n’avions plus eu de ses nouvelles. Jusqu’au 29 juin de cette année, quand un Balbuzard inconnu portant une bague bleue à la patte droite a été vu perché devant les volières trois jours après l’arrivée à Bellechasse de six jeunes transférés d’Allemagne. Par chance nous avons réussi à lire sa bague le 30 juin, et depuis lors il a visité le secteur presque quotidiennement, montrant un intérêt évident pour les jeunes installés en volières (qui en abritent maintenant douze avec l’arrivée hier de six autres oiseaux de Norvège).

Quelques jours après sa découverte en Suisse, nous avons appris que Taurus avait aussi été vu par Renaud Glotoff le 22 mai près de Dôle, en France voisine, à environ 120 km à l’ouest du site de lâcher. Ce premier retour en mai, voire même plus tard, d’un immature est typique pour l’espèce. Comme ils ne sont pas pressés de retourner à un nid, ils ont tout leur temps pour visiter d’autres régions en route. Après Fusée l’année dernière et de nouveau ce printemps, Taurus est notre deuxième mâle immature à revenir dans la région des Trois-Lacs.

Trois nids de plus et …

Trois nids supplémentaires ont été construits ce printemps dans la région des Trois-Lacs, portant à 16 le nombre total de plateformes installées jusqu’à présent. Merci encore à l’équipe enthousiaste de constructeurs de nids, avec les super-grimpeurs Christian Grand, Paco Grand et Yann Marbach, appuyés au sol par Michel Beaud, Emile Curty, Denis Landenbergue, Carmen Sedonati, Wendy Strahm et Henri Vigneau.

Depuis son retour en avril, Fusée (PR9) a été remarqué plusieurs fois stationnant sur une de nos plateformes, alternant périodes de repos, de toilettage et de nourrissage.  Nous l’avons aussi observé apportant une motte de terre avec de l’herbe sèche, qu’il a  soigneusement arrangée au centre du nid avant d’y gratter une dépression avec ses pattes. Après s’y être brièvement couché pour en tester le confort, il a même déplacé une branche avec son bec ! Bien que Fusée soit encore un peu trop jeune pour se reproduire (sans compter qu’il n’a pas encore trouvé de femelle), l’observation d’un tel comportement est la première du genre réalisée en Suisse depuis plus d’un siècle.

Les préparatifs de la saison de réintroduction 2019 sont déjà bien en cours, avec la translocalisation de jeunes d’Allemagne et de Norvège anticipée entre fin juin et mi-juillet.

Fusée à la radio suisse romande !

Fusée PR9 de retour

Un scoop vient d’être annoncé aujourd’hui par la radio suisse romande : Fusée (PR9) est de retour pour la deuxième année consécutive ! Repéré le 9 avril par des fans de l’espèce, ce mâle, né en Norvège et relâché à Bellechasse en 2016, avait déjà fait la une des medias l’année dernière. Il a été le premier Balbuzard ayant pris son envol en Suisse à  revenir depuis plus d’un siècle, observé une première fois en mai puis à nouveau en juillet-août. Sa notoriété s’était encore accrue l’automne dernier avec la découverte de ses quartiers d’hiver au Sénégal, où il a été revu en février 2019. Fusée a réussi sa longue migration (plus de 4’000 km) pour la quatrième fois, et il n’est pas exclus qu’il commence bientôt à s’intéresser à la gent féminine… .

L’émission complète sur le projet peut être écoutée ici.

Rapport de la quatrième année du projet

Holger Gabriel contrôle un nid

Un rapport sur la « Quatrième année de réintroduction du Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus en Suisse et premiers retours » a paru dans le fascicule de mars 2019 de la revue Nos Oiseaux. Il relate les principales étapes du projet en 2018 : construction de plateformes supplémentaires, translocalisation, libération et stationnement dans la région des Trois-Lacs d’une nouvelle volée de 12 jeunes oiseaux originaires d’Allemagne et de Norvège, puis départs en migration entre fin août et mi-septembre. Les « points forts » de la saison 2018 ont été le retour en Europe de deux premiers immatures relâchés par le projet en 2016, le séjour estival de l’un d’entre eux pendant un mois à Bellechasse, et la découverte quelques semaines plus tard de son site d’hivernage en Afrique de l’ouest. L’article est téléchargeable ici.

Nous sommes maintenant en train d’organiser l’équipe de bénévoles pour l’été 2019. Si vous êtes intéressé(e) et disponible pour une période de deux semaines entre début juillet et mi-septembre n’hésitez pas à nous contacter.