

Le Balbuzard est le seul rapace diurne à se nourrir presque exclusivement de poissons vivants, et ses talents de pêcheur sont renommés. Faisant du vol sur place à grande altitude, il fait des piqués spectaculaires dans l’eau une fois repérée une proie potentielle. Avec de la chance, il attrapera le poisson convoité avec ses énormes serres, le saisissant fermement avec l’aide de sa serre réversible. D’habitude il prend des poissons, comme par exemple le mulet ou le gardon, évoluant soit dans l’eau très peu profonde, soit dans la couche superficielle de 15-20 cm d’un plan d’eau. Contrairement aux espèces telles que les cormorans ou les grèbes, les Balbuzards ne plongent et ne nagent pas sous l’eau.
Parfois, il semble que le poisson capturé est trop grand pour que l’oiseau puisse le transporter. L’anecdote est même souvent racontée qu’un Balbuzard attrapant un poisson trop grand pour être emporté, finit par se noyer, les serres bloquées dans sa proie. Il n’existe aucune preuve documentée de ce phénomène, que nous ne pourrons croire que lorsque nous le verrons !
Une vidéo fantastique d’un Balbuzard en train de pêcher peut être vue ici, montrant la sous-espèce nord-américaine qui n’est donc pas la même que celle qu’on trouve en Europe (voir taxonomie).


La plupart des Balbuzards d’Europe nichent dans le nord et vont hiverner au sud du Sahara ou le long de sa côte occidentale (à l’exception de quelques petites populations plus ou moins sédentaires en Méditerranée). Quelques individus peuvent toutefois ne pas traverser la Méditerranée et hiverner en Espagne ou même dans le sud-ouest de la France, mais de tels cas sont assez rares. En périodes de migration, l’espèce peut être observée en Suisse en petit nombre, principalement de mi-mars à fin mai au printemps et de mi-août à fin octobre en automne.
Le Balbuzard est une espèce « philopatrique » et il est très peu probable qu’il revienne un jour s’installer tout seul en Suisse romande – même si dans la nature on ne peut jamais dire jamais. La philopatrie définit l’attachement d’un individu à rester ou à revenir à l’endroit où il est né pour se reproduire. Certaines espèces, dont le Balbuzard, ont une philopatrie très marquée, avec pour conséquence que leur capacité de dispersion est très faible. Pour cette raison, dès qu’une population de Balbuzards disparaît quelque part, on ne peut pas raisonnablement s’attendre à ce que des individus qui ne sont pas nés à cet endroit le recolonise spontanément, même s’il y existe encore un milieu convenable. 